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 Et tu frappes, frappes, frappes...

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Iris Reilley
Admin


Messages: 33
Date d'inscription: 12/03/2011

MessageSujet: Re: Et tu frappes, frappes, frappes...   Dim 13 Mar - 1:09

C'était fou de constater ce que Jarod pouvait lui faire comme effet par de simples gestes, loin encore des caresses passionnées. Il n'avait plus connu ça depuis... minute? Il n'avait presque jamais connu ça en réalité, sinon avec Crow. Mais avec lui, bien entendu, la passion avait une raison qui était absente ici. Les autres fois, lorsqu'Iris avait erré dans des bars, c'était pour se trouver quelqu'un le plus rapidement possible, se faire baiser, et espérer tomber enceint, ce qui avait lamentablement échoué. Ces fois-là, il les avaient vécues sans aucune passion ni même envie, seulement mû par la ferme résolution d'avoir un enfant coûte que coûte.

Avec une insistance maladive, Iris s'efforçait encore de mettre l'attirance particulière qu'il ressentait pour Jarod sous un tas de couvertures diverses et variées. Les raisons, en effet, pouvaient être multiples, et camoufler facilement à son esprit borné ce qu'il ne voulait pas voir. Pour avoir perdu son frère, être passé par ce qu'il avait vécu, ne pas avoir vraiment connu d'autres hommes ni de telles expériences, et enfin avoir ressenti cette chose innommable pour le musicien, qui l'avait poussé à le poursuivre, il pouvait bien se sentir dans un état particulier. Et il tenait tout particulièrement à y croire, alors que quelque part, tout au fond de lui, quelque chose lui murmurait qu'il faisait entièrement fausse route, et que celle qu'il avait choisie était dangereuse.

Foutaises. Il n'en avait rien à faire du danger après ce qu'il avait vécu. Son regard, toujours fixé droit dans les yeux de Jarod, se radoucit, alors que ce dernier s'occupait sans complexes de la main droite de son pendant.

« Oui, j'aimerais beaucoup que tu me changes les idées. »

En réalité, j'aimerais surtout que tu me les éclaircisses, les idées. Mais puisque ça ne semble pas possible, pourquoi pas les changer?
Il avait pris une voix langoureuse, lancé un regard brillant d'envie au musicien. Tout pour lui faire comprendre que son initiative était la bienvenue. C'est Jarod qui porta la main d'Iris à sa joue, l'incitant à continuer le travail, ce que le gardien fit sans attendre, caressant du revers de sa main la peau agréablement douce, avant de remonter le long de sa nuque en lui frôlant l'oreille.

Un instant, Iris détourna le regard pour jeter un bref regard à la salle, encore bien pleine malgré la fin du concert. Consciemment ou non, il cherchait à vérifier si personne ne les regardait, persuadé qu'il faisait quelque chose de fondamentalement mal. Il ne croisa aucun regard, mais pourtant, il laissa tomber sa main pour la ramener vers la table.

« On ferait mieux d'aller ailleurs, non? A moins que tu veuilles encore boire? »

Doublement motivé par l'envie de partir d'ici et celle de pouvoir mettre son nez dans la vie de Jarod, le regard d'Iris brillait d'une envie non feinte. Même s'il ne faisait que caresser la joue du musicien, ça le gênait qu'on puisse les voir tous les deux, qu'on puisse en tirer des conclusions à la hâte. En ce qui concernait tant les relations que les sentiments, Iris était un grand timide qui ne se montrait pas facilement. Sa phobie de la foule, et plus largement de la proximité d'autres humains, n'y était pas étrangère.

« On va chez toi? Ça te dis? »

Avouons-le, Iris ne faisait que rarement dans la demi-mesure. Soit il n'osait pas dire ou faire les choses, soit il les annonçait avec une franchise qui ne laissait aucun doute quand à ses intentions. C'est qu'entre les deux, il n'avait pas vraiment appris à jouer. Avec Crow, il s'était laissé mener plus qu'il n'avait tenté d'imposer son avis. Lorsqu'il le faisait, c'était parce que ça s'avérait indispensable. Alors il ne s'était pas habitué à le faire avec finesse. Et puisque la demande était faite, il s'empara de son verre de bière pour en finir la dernière gorgée. Il se l'était promis, elle serait la dernière dans ce bar. Son verre reposé, Iris tendit la main à nouveau, un peu plus franchement qu'avant, et la posa sur celle de Jarod avant de se pencher vers lui en chuchotant.

« Je crois qu'on serait mieux plus au calme. »

L'ange lui-même en venait parfois à se surprendre par ce qu'il arrivait à dire sans l'avoir réfléchi. Être avenant, ça ne lui ressemblait pas.
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Jarod Raleigh



Messages: 44
Date d'inscription: 12/03/2011

MessageSujet: Re: Et tu frappes, frappes, frappes...   Dim 13 Mar - 1:11

La partie était gagnée. Ce type, peu importait la vie qu'il avait eu avant et celle qu'il aurait après, était d'accord pour aller plus loin qu'une simple bière partagée et un baiser sur la main. Jarod n'avait pas beaucoup douté de lui dès le début. Ce n'était pas seulement le fait que ce fut Iris qui l'aborda et donc que tout semblait plié depuis le départ. L'étudiant doutait peu de lui d'une manière générale pour ce qui était de la séduction. Pourtant, il n'était pas vaniteux concernant son aspect physique, et s'il savait qu'il ne pouvait pas se plaindre, il jugeait aussi qu'on pouvait trouver plus beau que lui. Cependant, la vie lui avait appris au moins une chose : le fait d'être sûr de soi offrait plus d'occasions réussies, telle une méthode Coué. Le mannequin se faisait parfois repousser, mais comparé au nombre de conquêtes qu'il avait eues pour ne pas avoir douté de lui, ces rebuffades étaient dérisoires.

Le gardien acceptait donc d'aller plus loin, mais pas ici. Malgré cette petite victoire, Jarod n'en continuait pas moins d'observer son interlocuteur, non pas pour trouver des failles dans lesquelles il pourrait se glisser pour continuer la séduction, mais plutôt pour essayer d'en apprendre un peu plus sur celui qui restait quand même un certain inconnu. Ainsi, ce regard posé sur la salle et cette gêne qu'il avait à se montrer publiquement avec le mannequin fit intérieurement sourire ce dernier. Il ne voulait pas être vu en sa compagnie ? La honte de la différence d'âge ? Ou bien la peur de voir l'ex débarquer ? Peut-être que leur histoire n'était pas totalement fini.
En tout cas, cela montrait sans doute que pour le gardien, ce qu'il s'apprêtait à faire avec Jarod était plus ou moins honteux... Un peu comme une expérience que l'on fait avec déjà un petit goût de regret. Mais rien de plus que l'expérience et donc l'aventure sans lendemain.

Il semblait même y avoir un certain empressement chez l'ange qui proposa directement d'aller chez Jarod. Ce dernier ne se méfia en aucune façon, ne s'accrochant qu'au comportement extérieur d'Iris qui pouvait être interprété de bien des façons. Et alors que le gardien diminuait une nouvelle fois la distance entre l'étudiant et lui pour lui murmurer l'envie d'un peu de calme, le mannequin lui lança un sourire différent. Il n'y avait plus vraiment besoin de jouer, plus vraiment besoin de se montrer sous son meilleur jour. C'était un peu comme s'ils avaient tous les deux décidés d'être compatibles pour ce soir.

"Oui... On peut aller chez moi... En plus, un de mes colocs est rentré chez ses parents et je pense pas que le second sera là non plus..."

Se levant mais gardant la main d'Iris dans la sienne, Jarod se mit à fendre la foule en direction de la sortie. Il y avait chez le jeune homme une sorte de sadisme à ainsi tenir la main du gardien devant tout le monde, notamment parce qu'il lui avait bien semblé voir que cela le rendait nerveux. C'était probablement un véritable acte de sadisme car une fois dans la rue, il lui lâcha la main. En effet, à part pour les brefs moments de provocation, le mannequin détestait ce qui pouvait faire croire qu'il était en couple.
Une fois dehors, il resserra autour de lui sa veste et une écharpe. C'est que le mois de janvier était assez rude, comme tous les hivers.

Demandant à son partenaire d'un soir s'il était venu en voiture et apprenant que non, il indiqua qu'ils étaient bons pour prendre un taxi. Cependant, la chance leur sourit et le bon bus, celui-là même qui ne passait que toutes les heures passée la nuit tombée, se présenta pratiquement devant eux. Jarod se mit donc à courir avec son sac contenant ses affaires, invitant Iris à le suivre...

(Suite ici)
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