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Jarod Raleigh

Messages: 44 Date d'inscription: 12/03/2011
 | Sujet: Chapitre 5 Lun 2 Mai - 13:01 | |
| (Vient de là) Coopératif ? Les choses allaient décidément de pire en pire pour Jarod. Il fallait bien dire que le mannequin vivait volontairement dans un monde qu'il tenait à garder simple. Sa vie n'était remplie que de vide et d'amants de passage. Aussi, lorsqu'on lui demandait sa coopération, le jeune homme y voyait surtout des demandes d'ordre sexuel. Et bien qu'il fût réellement un accro au sexe, ou du moins était-ce l'image qu'il donnait, mais la perspective de le faire sous la contrainte était loin de l'exciter. De plus, le ton calme et le sourire du gardien n'avaient strictement rien de rassurant. C'était comme s'il fallait comprendre le contraire de ce qu'il disait. Jarod comprit tout de suite que jamais Iris ne lui dirait qu'il allait bien sûr le violer et le tuer. Sans doute voulait-il que sa prise restât calme. Intérieurement, la panique du mannequin augmentait. Il cherchait à penser rationnellement, observant les bords de la route en espérant voir du monde. Si seulement la voiture ralentissait dans un endroit fréquenté... Iris n'oserait sûrement pas s'en prendre à lui devant une multitude de témoins.
Qu'est-ce qui lui avait pris de menacer l'Irlandais ? Sans doute ce dernier était-il persuadé à présent que jamais Jarod ne tiendrait sa langue et que le seul moyen de ne pas avoir de problèmes avec les flics était de le faire disparaître. Pour toujours.
Ainsi, Iris n'était pas le seul à voir son rythme cardiaque augmenter : celui de l'Américain crevait aussi des plafonds et sa respiration, signe de son agitation, ne manqua pas de s'accélérer également. La campagne... Les terrains de bouseux qui n'allaient jamais en ville et qui devaient être tous aussi sauvages les uns que les autres. Insidieusement, Jarod commença à regretter d'avoir un peu trop couru les rencontres au hasard. Après tout, il regardait beaucoup la télé, comme tout le monde. Il savait bien que d'après ce qu'on y voyait, on finissait toujours par faire de mauvaises rencontres à force de tomber sur des individus louches.
Et encore cette fichue histoire d'ange. Évidemment, après ce qu'il venait de voir dans la ruelle, Jarod ne pouvait plus douter de la réalité de cette "légende". Et du reste, Iris tenait toujours à ce qu'ils restassent sur ce sujet. Inconsciemment, le mannequin tâcha de se focaliser sur ce sujet plutôt que de continuer à se perdre dans des idées noires où ses chances de survie diminuaient drastiquement au fur et à mesure que les heures passaient. Tant qu'il parlait et faisait parler son ravisseur, ce dernier ne l'agresserait pas. Et puis surtout, il ne fallait surtout pas l'énerver... D'ailleurs, une pensée traversa l'esprit de l'Américain, pensée plutôt positive à laquelle il se raccrocha fortement. Iris ne pouvait pas le tuer ! Du moins à en croire la légende des anges et de leurs pendants. Si Iris tuait Jarod, l'ange finirait forcément par mourir assez rapidement, car on disait que les anges ne pouvaient survivre longtemps sans leur pendant. Le gardien n'était sûrement pas suicidaire...
Quoique... Jarod avait très clairement fait savoir qu'il ne voudrait jamais être avec son pendant. Peut-être que ce dernier avait décidé que, puisqu'il ne pourrait pas l'avoir, personne d'autres ne le pourrait !
Ainsi, c'est d'une voix où pointait toujours la même peur non calmée que le jeune homme répondit :
"Euh... euh... Les anges ? Je sais... Je sais... Je sais qu'ils ont besoin de leur pendant... que... qu'il y a un lien, entre eux... qu'ils cherchent leur pendant..."
Jarod s'était tu mais cherchait encore à ajouter quelque chose, comme si parler empêcherait Iris de lui faire mal. Il se demanda un instant s'il devait mentionner le fait que les anges ne pouvaient faire du mal à leur humain, du moins selon la légende. Et si Iris prenait cela mal ? S'il imaginait que Jarod disait cela pour bien montrer la supériorité qu'il avait sur lui ? Cela pouvait le rendre encore plus méchant...
...Alors mieux valait se taire..._________________  |
|  | | Iris Reilley Admin

Messages: 33 Date d'inscription: 12/03/2011
 | Sujet: Re: Chapitre 5 Dim 8 Mai - 0:27 | |
| Les anges n'étaient qu'une première approche. Pour Iris aussi, c'était un sujet qui restait mystérieux. Il avait vécu en ignorant cette nature depuis bien longtemps, et si Crow puis Jarod n'avaient fait resurgir ce côté là récemment, l'ange aurait sans doute ignoré encore bien longtemps sa nature.
Mais par rapport à Jarod, le gardien avait une bonne longueur d'avance. Il ne connaissait pas tout des anges, mais sa propre nature le poussait à en connaître l'essentiel. Mieux encore, il savait que des différences anatomiques leur permettaient d'avoir des enfants, et qu'ils représentaient 50% de la population. Autant d'informations que le mannequin ignorait apparemment, à en croire les propos lancés plus tôt, dans la rue.
Les anges étaient une première approche mais surtout un moyen d'éclaircir certaines choses. Jarod semblait avoir peur de ce concept, et ça n'avait rien d'étonnant après les événements qui avaient traumatisé Lithium. La municipalité elle-même avait entretenu cette peur par la stigmatisation des anges. Pour que Jarod l'écoute et l'accepte, c'était donc un point crucial.
« Et... c'est tout ? »
Jarod avait dit l'essentiel, mais l'ange voulait tout savoir avant d'intervenir de lui-même. Plus tôt, cette histoire d'anges l'avait mis en colère, et l'avait fait fuir. Le mannequin avait volontairement provoqué Iris en évoquant Crow et ses massacres d'anges. Évidemment, ça avait pris, pour des raisons qui dépassaient Jarod.
« Tu disais plus tôt que tu pensais que les anges voulaient enchaîner leurs pendants. Tu disais qu'il fallait tous nous tuer. Pourquoi as-tu dis ça ? J'aimerais que tu me dises réellement tout ce que tu sais sur les anges. Tout. Ce que tu penses savoir.»
Malgré le ton calme d'Iris, on sentait dans sa voix une colère retenue. Il avait détesté l'attitude de Crow vis à vis des anges, et détestait d'autant plus qu'on l'évoque. Et qu'on l'évoque en bien, c'était encore ce qu'il y avait de pire.
Ils croisèrent plusieurs intersections sans que l'ange ne décide de tourner. Tous comptes faits, il n'était pas encore temps de s'arrêter. Jarod semblait à moitié persuadé qu'il courait à sa fin, et il serait capable de s'enfuir au pas de course en plein milieu de la campagne, direction nulle-part. Iris décida que la conversation durerait encore un peu, sans décider s'il devait ou non rassurer son pendant et lui expliquer qu'il ne lui ferait pas de mal.
« Désolé pour tes bras et tes jambes mais je sais que tu pourrais faire quelque chose de stupide. On roule vite, et je ne veux pas risquer nos vies. »
Ça n'en avait peut-être pas l'air pour Jarod, mais c'était sincère. Iris n'aimait pas la tournure que leur relation prenait, mais il n'avait pas l'impression d'en avoir le choix. Il savait qu'ils n'allaient pas dans le bon sens, et que ce qu'il faisait n'allait sans doute pas améliorer les choses. Seulement il était à court d'options.
« Pourquoi tu refuses à tout prix de revoir les gens ? »
Jarod pouvait bien se montrer borné. Après tout, ils avaient tout leur temps, et rien ne pressait. Iris aussi savait se montrer têtu, lorsque les sujets lui tenaient à cœur. |
|  | | Jarod Raleigh

Messages: 44 Date d'inscription: 12/03/2011
 | Sujet: Re: Chapitre 5 Dim 8 Mai - 13:36 | |
| "Euh... oui..."
Évidemment, Jarod continuait de mentir et d'essayer de ne pas revenir sur le fait qu'il connaissait la dépendance des anges vis-à-vis de leur pendant. Toutefois, il fut rapidement mis au pied du mur alors qu'Iris évoquait les raisons qu'avait eues l'Américain pour souhaiter la mort de tous les anges. C'était des paroles qu'il avait lancé comme ça, des paroles en l'air dont le but principal était surtout de se rendre complètement odieux à l'ange pour qu'enfin il lui fichât la paix. L'esprit du mannequin commençait à s'embrouiller. Mentir était la chose la plus facile au monde, mais rester cohérent était ce qu'il y avait de plus difficile. Un mensonge finissait fatalement par en amener un autre pour ne pas être découvert et l'on formait de la sorte une espèce d'édifice encore moins solide qu'un château de cartes. Alors quoi ? Fallait-il continuer de mentir ou avouer qu'on avait tenté de détourner l'attention de l'ange ? Quelle était la meilleure façon de calmer un tueur psychopathe vous ayant enlevé et disposant de plans plus sinistres les uns que les autres ?
Sous l'effet de la panique, Jarod commença à craquer, ce qui se montrait par un rire nerveux qui commençait à le prendre. De plus, il avait à présent une furieuse envie de cloper, lui qui pourtant n'était jamais qu'un fumeur social. Enfin, si ses mains n'avaient pas été attachées dans son dos, on aurait pu les voir trembler.
"Ok, ok... Parce que... Parce que je ne veux pas..."
Il s'interrompit un instant. Non, ça n'allait pas. Mieux valait éviter quelque chose d'aussi affirmatif que "je ne veux pas" pour ne pas faire rentrer son agresseur dans une phase violente.
"Je... n'ai pas vraiment envie de... d'avoir quelqu'un qui me suive tout le temps..."
Il fallait bien avouer cela, même s'il n'y avait rien de nouveau sous le soleil et que le mannequin avait déjà indiqué ne pas aimer revoir ses partenaires d'un soir, qui devaient se contenter d'être seulement cela : des visiteurs, des personnes qui passaient dans sa chambre le temps d'un plaisir mutuel avant que chacun ne retournât mener sa vie comme il l'entendait. Pour autant, Jarod tourna un regard inquiet vers l'Irlandais, et sembler à moitié fermer un oeil comme s'il s'attendait déjà à recevoir une beigne en représailles. Pour autant, Iris était en train de conduire et peut-être ne s'en prendrait-il pas à l'Américain tant qu'ils roulaient. C'est d'ailleurs pour cela que finalement, le jeune homme se mit à espérer que la voiture ne ralentît pas. Tant qu'ils roulaient, Jarod avait au moins la certitude de rester en vie, normalement... Tandis qu'une fois qu'ils se seraient arrêtés, il serait complètement à la merci de son kidnappeur qui pourrait alors mettre ses terribles plan à exécution. D'ailleurs, la prévenance du gardien de musée pour les liens qui enserraient les poignets et les chevilles de l'Américain avait le goût du venin.
Il aurait peut-être pu demander à ce qu'il desserra au moins les liens, mais Jarod connaissait déjà la réponse qu'il essuierait, alors...
Le mannequin avait toujours détesté les psychologues autoproclamés qui cherchaient à le comprendre. "Pourquoi t'es une salope, Jarod ?" Qu'est-ce que ça pouvait bien leur foutre, à tous ? En temps normal, le jeune homme aurait bien dit à Iris d'aller se faire foutre, mais il était incroyable comment un enlèvement vous poussait à parler sur un autre ton aux gens. Pour autant, il n'avait pas une réponse bien différente à apporter à l'Irlandais... Cela dit, il le fit sur un ton beaucoup plus doux, presque en s'excusant :
"Pourquoi pas ? Si je suis heureux comme ça..." _________________  |
|  | | Iris Reilley Admin

Messages: 33 Date d'inscription: 12/03/2011
 | Sujet: Re: Chapitre 5 Ven 13 Mai - 21:16 | |
| Les mots de Jarod n’apportaient pas grand-chose à ce que l’ange savait déjà. La discussion surprise avec le père du mannequin l’avait définitivement éclairé sur ses habitudes libertines et son refus de l’engagement. Les raisons qui le poussaient à le faire n’étaient pas bien difficiles à comprendre. N’importe quelle rupture douloureuse ou expérience traumatisante pouvait pousser un homme à rejeter des relations naissantes.
Ce qui était plus réjouissant en revanche, c’était de voir Jarod lui parler. Les mots semblaient sincères, et dénués de mensonges. C’était décevant d’avoir dû en arriver là pour le faire parler, et de devoir lui faire croire qu’il lui voulait du mal, mais c’était aussi terriblement gratifiant. Finalement, il pourrait avoir des réponses à ses questions.
« Tout ce que tu vois dans une relation, c’est quelqu’un qui te suit tout le temps ? »
Ironie du sort, la relation d’Iris envers Jarod se résumait pour l’instant à cela. A part une nuit partagée, tout le reste n’était que filature et espoirs vains. Sur ce point, Jarod n’avait pas tout à fait tort. Et ça ennuyait aussi l’ange, qui en venait à se détester lui-même de se sentir obligé de suivre son pendant. Ça n’était plus un jeu, rien qu’une routine. Iris connaissait les habitudes de Jarod, ses horaires de sortie, ses horaires de retour. Il avait entraperçu la moitié de ses conquêtes, celles que le mannequin avait ramenées chez elles, et avait bel et bien constaté qu’elles étaient à usage unique. En temps normal, il serait resté totalement indifférent à la vie de Jarod. Qu’il prête son cul comme on loue un dvd, ça lui était bien égal. Iris n’aimait pas Jarod, et les relations à long terme ne lui faisaient pas franchement envie. Mais il en avait besoin.
L’ange freina un coup sec lorsque Jarod lui répondit. Heureusement, la route était déserte. Pour ne pas frapper le mannequin, il s’en prit à son volant qu’il assena de quelques coups de poing. C’était la réponse qu’il ne voulait pas entendre. Que Jarod ait pris un ton désolé ne changeait rien. L’ange ne voulait pas qu’il soit heureux alors que lui dépérissait.
« Parce que ça ne me convient pas. »
Il répondit sèchement, avant de se remettre en route. Ses nerfs commençaient sérieusement à s’échauffer. Conduire ne parvenait plus à le détendre. Iris ne voulait pas que Jarod se sente bien, et ça l’énervait. L’ange n’était pas bien doué avec les mots. Il aurait voulu faire comprendre au mannequin que ça n’était pas bon pour lui non plus, et que son bonheur n’était que superficiel, mais n’aurait pas pu y parvenir. Il n’était pas manipulateur.
« Tu n’es pas heureux comme ça. Tu te mens à toi-même, tu t’en convaincs, et après tu mens aux autres. Tout ça parce que tu ne veux pas voir que ta vie est pitoyable. »
Ce n’était pas très convaincant, malgré un ton déterminé. Iris ne savait plus très bien s’il n’était pas en train de parler de lui-même. Au sujet des mensonges et de l’auto-conviction, il en connaissait un rayon. La vie qu’il s’était inventée lui avait suffi pendant longtemps, et il avait aimé vivre avec ce passé bricolé de toutes pièces. Souvent, il oubliait ce qu’avait réellement été son enfance.
Ils avaient quitté la ville depuis un bon bout de temps, et tout autour d’eux n’était que champs et terrains désertiques. L’ange ralentit lorsqu’il vit une allée qui bifurquait, et s’y engagea. Ils roulèrent encore quelques dizaines de mètres avant de s’arrêter sur le côté du chemin, entre deux champs et quelques arbres. Il n’était pas prudent de rouler alors que ses mains commençaient à trembler et que les paroles de Jarod le mettaient dans un sale état.
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|  | | Jarod Raleigh

Messages: 44 Date d'inscription: 12/03/2011
 | Sujet: Re: Chapitre 5 Mar 17 Mai - 12:44 | |
| Il était difficile effectivement de voir autre chose dans une relation que quelqu'un collé à vos basques. Non seulement Iris avait eu le malheur de débarquer complètement au milieu d'un moment intime avec ce jeune Japonais mais en plus, il était à présent en train de l'enlever. Cet enlèvement n'était d'ailleurs pas la meilleure des choses pour ce qui était de la sincérité. Car Jarod continuait d'être effrayé par le gardien et craintif pour sa vie. Autant dire qu'il réfléchissait énormément à ce qu'il pouvait dire pour ne pas froisser Iris. La conversation disposait de tout, sauf de naturel.
Et d'ailleurs, le brusque coup de frein n'arrangea pas les choses. L'Américain étouffa un cri de panique et se ratatina sur le côté, le plus loin possible d'Iris. Il vit l'Irlandais passer ses nerfs sur le volant et à chaque coup, il ferma un peu plus les yeux, craignant que le prochain serait pour lui. Puis il comprit. Il comprit que sans doute plus jamais il n'aurait la paix, ni même de liberté. Sa vie lui convenait, mais le ton d'Iris était très clair. Parce que cela ne lui convenait pas, il fallait changer d'habitude, changer de style de vie. Plus de liberté, uniquement l'accord de "son" ange pour continuer à faire ce qu'il souhaitait.
Déjà, Jarod n'écoutait plus vraiment. Obnubilé par les possibles réactions violentes du conducteur, ses pensées focalisées sur son avenir à très brève échéance, il était incapable de penser clairement autrement que pour assurer sa survie. Lui qui s'était toujours fixé un horizon court pour prévoir ce qu'il ferait, il n'avait jamais pensé "aussi" court. Il refusait de penser au lendemain, mais là, il lui semblait qu'envisager l'heure suivante était déjà une gageure. Bien sûr, sa vie pouvait être pitoyable. Il fuyait en avant cette peur terrible mais devenu si habituelle qu'elle en était à présent inconsciente des liens que pouvait imposer une espèce d'amour. Il n'était toutefois pas de vraies et bonnes dispositions pour y songer calmement.
"D'accord," répondit-il doucement à la remarque d'Iris. Tu as raison."
La voix était froide et continuait de transpirer la peur. Jarod n'avait pas vraiment réfléchi. Il disait cela presqu'au hasard, espérant qu'ainsi, son ravisseur verrait qu'il ne souhaitait pas le contrarier. Cela empêcherait sûrement l'Irlandais de s'énerver à nouveau et de se laisser à une peur violente. Le mannequin pâlit encore plus en voyant la voiture prendre ces petits sentiers de terre servant à serpenter à travers champs et qui devaient être empruntés tous les trente-six du mois par quelque fermier du coin sur son tracteur. Lorsque la voiture s'arrêta et qu'il était clair qu'il ne devait pas y avoir âme qui vécût à des miles à la ronde, Jarod déglutit. Même s'il aurait souhaité pouvoir se contrôler face au gardien, il ne put s'empêcher de tenter de se tourner un peu sur lui-même pour tâcher de détailler le paysage, à la recherche d'une issue, d'un signe d'espoir, mais rien d'autre que des champs ou un bosquet d'arbres.
Et les images envoyées par une imagination fertile reprirent le dessus. L'Américain se voyait déjà violé puis exécuté de façon atroce dans cet endroit sordide, où son corps pourrait bien pourrir pendant des semaines et des mois jusqu'à ce qu'on le retrouvât.
"J'veux pas mourir..." murmura-t-il.
En réalité, c'était une pensée qui ne cessait de tournoyer dans sa tête. Une pensée toute personnelle qu'il aurait souhaité garder. Mais elle avait passé la barrière de ses lèvres. La peur le tétanisait de plus en plus et il ne voyait en Iris rien d'autre que celui qui le séquestrait.
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